

La plus prestigieuse foire d’art contemporain au monde vient de fermer ses portes à Bâle ce dimanche. Si l’on s’en tient aux réactions à chaud et aux toutes premières analyses, la presse paraît unanime : le foire a renoué avec l’optimisme avec des ventes dès les 1ères minutes du preview. Le marché de l’art paraît solide et la crise de 2008 semble bien loin malgré un état instable des marchés financiers mondiaux. Pour preuve, le Rothko parti rapidement pour 5 millions de dollars chez L&M Arts. Dans les pièces magistrales, on trouvait un tryptique de Bacon mentionné à 60 millions de dollars à la Marlborough Gallery London et un énorme One hundred Fifty Black/White/Gray Marilyns de Warhol à 80 millions de dollars à la Galerie Bruno Bischofberger de Genève.
L’édition 2011 a réuni quelques 300 galeries de 35 pays (plutôt d’Europe cependant, même si on peut noter une 1ère présence de la Thaïlande – voir plus bas) et plus de 2 500 artistes. Un vrai musée en live entre les Braque, Picasso, Miro et bien d’autres ; pas facile cependant de découvrir des oeuvres fraiches de qualité sans historique sur le second marché. Attendu, le secteur Art Unlimited, destiné aux travaux monumentaux, a proposé 62 projets de stars telles que Carl Andre, Dan Flavin ou Anish Kapoor.
Pour ma part, j’épinglerais plus volontiers deux oeuvres dans la même veine hyperréaliste, le jeune noir du sculpteur australien Ron Mueck et l’autoportrait d’Evan Penny, toutes deux en silicone et polyuréthane, nous questionnent sur la réalité. Je m’interroge : est-on encore dans la sculpture quand on atteint un tel niveau dans la représentation humaine ?
Je retiens également la performance de Rirkrit Tirnaija sur la 100 Tonson Gallery de Bangkok. Au travers d’un moment de partage convivial (ici en l’occurence il prépare sur place une soupe thaï qu’il propose aux visiteurs), son travail explore la dimension sociale de l’artiste. Par le passé, il avait déjà proposé aux gens d’habiter dans une galerie – réplique de son appartement – ouverte 24h sur 24h.
Il y avait beaucoup, beaucoup à savourer, mais peut-on dire que la foire reflète réellement le marché actuel quand on voit la surreprésentation des galeries européennes et américaines ?